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Belgique Interpellée ce jeudi au Parlement par la députée Catherine Moureaux (PS) sur une éventuelle minimisation des crimes belges lors de la période coloniale dans les programmes d'histoire, la ministre de l'Enseignement Marie-Martine Schyns (CDH) estime que ce n'était pas le cas.

"Il ressort du programme tel que rédigé actuellement une impression de paternalisme désagréable. Ainsi la période de la colonisation s’apparenterait à une intense période de développement économique, qui aurait eu par ailleurs quelques effets secondaires… Pas un mot sur la manière dont s’est organisée l’indépendance autour du personnage de Patrice Lumumba. À lire le programme, on a plutôt l’impression qu’il s’agit d’un fait naturel et non d’un fait de luttes. Ne sommes-nous pas dans une minimisation des crimes belges et du racisme d’État de l’époque ?", a notamment demandé, jeudi, au Parlement, la députée Catherine Moureaux (PS) à la ministre de l'Enseignement Marie-Martine Schyns (CDH).

Une question qui concernait le référentiel de l’enseignement technique et professionnel consacré au colonialisme et à ses crimes. En 2014, le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a approuvé les nouvelles compétences élémentaires de l’enseignement qualifiant. Un document appelé donc référentiel et à partir duquel chaque réseau doit travailler pour créer son programme. Si la colonisation du Congo y figure explicitement, ce qui est une belle avancée, le programme de l’enseignement de la Communauté française qui s’en inspire suscite le malaise, estimait la députée, dans nos colonnes de ce jeudi.

"À aucun moment, le mot ‘crime’ n’est cité explicitement. On parle d’ ‘exactions’ . Pour moi, les nombreuses mains coupées durant l’époque coloniale ne sont pas simplement des exactions. Ce mot a le mérite d’exister, mais il donne un peu l’impression qu’il s’agit d’un effet secondaire. L’enseignement de l’histoire du colonialisme belge et de ses crimes n’est pas encore acquis aujourd’hui. Le sujet et la question sont encore malheureusement problématiques", insistait la députée.

Violences commises sous le régime de Léopold II, révélations sur l’assassinat de l’ancien Premier ministre congolais Patrice Lumumba ou encore polémiques concernant la bande dessinée de Tintin au Congo : les questions soulevées par le passé colonial belge font régulièrement depuis la fin des années 1990 l’objet de vifs débats politiques, médiatiques et citoyens. "La colonisation est un sujet sensible", a d'ailleurs reconnu la ministre CDH.

Pour Marie-Martine Schyns, la définition du mot exaction est au contraire très forte et ne minimise en rien les actes commis sous Léopold II."Sans moi-même être une spécialiste, la manière dont est dépeinte l’action coloniale belge au Congo ne semble pas complaisante. Le programme n’est qu’un résumé et pose des balises contextuelles. Les enseignants doivent apporter des nuances ou des compléments nécessaires, notamment pour les faces les plus sombres de l’épisode colonial", a-t-elle notamment répondu."Le programme a bénéficié de l’expertise de deux historiennes de renom, les professeures Anne Morelli de l’ULB et Anne Cornet de l’UCL. Je ne pense pas que nous puissions dire d’elles qu’elles ont une vision paternaliste des relations Nord-Sud!"

De leur côté, Amandine Lauro, chercheuse du Fonds de la recherche scientifique (FNRS), et Romain Landmeters, assistant de recherche (FNRS) à l’Université Saint-Louis Bruxelles, viennent juste de publier un article consacré au sujet dans la revue Éduquer datant du 6 novembre. "L’histoire de la colonisation belge reste peu enseignée dans les écoles secondaires. Il est à craindre, au vu de la considération limitée que lui accorde le Pacte d’Excellence, que cet état de fait perdure", écrivaient-ils

J. Th.

Le Mur

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