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Le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, qui recevait hier à Paris les équipes laïcité, a établi un premier bilan chiffré et donné des exemples de signalements. À ses yeux, il ne faut « ni dramatiser, ni minimiser ».

Quels sont les chiffres ?

Les chiffres donnés hier sont établis sur la base des signalements transmis au ministère par ses personnels au moyen d’un courriel. Ils portent sur le dernier trimestre de l’année scolaire 2017-2018, d’avril à juin.

Au total, un millier d’atteintes à la laïcité a été recensé durant cette période, avec des académies plus touchées que d’autres (Créteil, Versailles, Paris, Lille, Lyon ou encore Aix-Marseille). Parmi ces cas, 402 ont été traités par les équipes laïcité, des équipes pluridisciplinaires composées de trois à six personnes (inspecteurs, anciens professeurs ou chefs d’établissement, etc.). Ces équipes se sont rendues sur place dans une soixantaine de cas. Les autres incidents, soit environ 600, ont été jugés de moindre importance et ont été traités directement et exclusivement par les personnels de l’établissement. Les signalements portaient sur des faits impliquant des élèves (57 %), des parents (26 %) et des membres du personne (8 %).

Par ailleurs, 44 % des situations signalées concernaient le collège, contre 36 % pour le premier degré. Jean-Michel Blanquer a reconnu qu’il était difficile de parler d’enfants scolarisés dans le primaire comme d’« auteurs » d’atteintes à la laïcité. Mais, a-t-il insisté, leurs propos, leurs réactions constituent « le révélateur d’un contexte de pressions » contre cette dernière. Faute de statistiques comparables dans le temps, il est en revanche difficile selon le ministre de mesurer l’évolution de ce phénomène, qu’il ne faut « ni dramatiser, ni minimiser ».

Sur quelles situations portent les signalements ?

Sans revenir précisément sur le contenu d’une récente note des renseignements territoriaux sur le sujet – note assez alarmante dévoilée par Europe 1 –, ­Jean-Michel Blanquer a mentionné « des incitations au prosélytisme et la négation de certains enseignements, des enseignements scientifiques ». Ces contestations, ces « formes d’obscurantisme », a-t-il poursuivi,« débordent maintenant sur la musique », certains enfants se bouchant les oreilles parce qu’au nom de préceptes religieux, on leur signifie à la maison qu’il est mauvais d’en ­écouter. Pour les équipes laïcité, il s’agit parfois d’intervenir à la façon de médiateurs pour mettre fin à un conflit entre parents d’élèves, sur fond de communautarisme. Rodrigue Coutouly, coordinateur de l’une d’elles, dans l’académie d’Aix-Marseille, cite aussi un exemple récent :« Un père originaire de Tchétchénie ne voulait pas que sa fille soit assise en classe à côté d’un garçon », raconte-t-il. Son équipe a jugé bon d’intervenir, à la demande des enseignants de l’école concernée, pour préparer la directrice à l’entretien auquel elle a convié le père. Un seul rendez-vous a suffi à faire comprendre et accepter à cet homme les principes républicains qui s’appliquent au sein de l’établissement, assure Rodrigue Coutouly.

Comment contrer ces atteintes ?

Jean-Michel Blanquer n’a pas annoncé hier de nouvelle mesure, de nouveau dispositif. Il a salué l’action des équipes laïcité, qui s’inscrivent dans le prolongement des « référents » laïcité créés sous une précédente majorité. Il a aussi assuré que tout signalement effectué via l’adresse courriel dédiée faisait l’objet d’une première réponse sous 24 heures.

Prônant« dialogue et fermeté », l’hôte de la rue de Grenelle veut qu’« aucun personnel ne se sente seul face à ce type de situations ». Il a donc insisté sur le soutien de l’institution, tout en rappelant l’existence d’outils mis à disposition des enseignants et éducateurs, comme le vade-mecum de la laïcité diffusé en mai dernier.

Denis Peiron

Le Mur

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