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Le 6 novembre, les Américains éliront le nouveau Congrès, premier scrutin national depuis l’élection de Donald Trump en 2016.

En Californie, les électeurs voteront aussi sur la fin d’une taxe sur l’essence, initiative républicaine visant à contenir une possible vague démocrate.

Los Angeles

De notre correspondante

Baisse du coût de l’essence ou lutte contre le réchauffement ? Le 6 novembre, les Californiens devront choisir. En plus d’élire leurs nouveaux représentants au Congrès, ils seront près de 25 millions à devoir se prononcer sur onze mesures référendaires parmi lesquelles figure la suppression d’une taxe très impopulaire sur le carburant.

Le parti républicain, à l’origine de cette proposition, espère capitaliser sur la colère d’une population opposée à 58 % à cette taxe lors de son adoption en 2017. Les candidats conservateurs entendent particulièrement remobiliser leur base électorale, afin de tenter de faire barrage à une éventuelle « vague bleue » en Californie qui pourrait aider les démocrates à reconquérir le Congrès à Washington. « C’est une taxe injuste qui a été adoptée de justesse par les démocrates californiens sans que les habitants ne soient consultés », s’indigne Delores Chavez, présidente de la Latino-American Political Association, une organisation hispanique qui a officiellement pris position contre la taxe.

De nombreuses associations de protection de l’environnement estiment, elles, qu’une suppression de la « gas tax » constituerait un recul important en matière de lutte contre le réchauffement. Car en plus de financer la construction et l’entretien de routes et de ponts, cette taxe « permet aussi d’injecter un milliard de dollars par an dans le développement des transports publics, des pistes cyclables et des voies piétonnes, et dans la réduction de la circulation », souligne Edie Irons, porte-parole de l’organisation californienne TransForm, qui promeut les transports propres. Cette taxe, qui rapporte chaque année l’équivalent de près de 5 milliards d’euros à l’État,« est aussi un levier d’action important pour encourager l’adoption de voitures hybrides et réduire les émissions de CO2 ».

Les républicains ne sont pas les seuls à s’y opposer. À la surprise générale, quatre candidats démocrates californiens ont décidé, il y a quelques mois, de faire campagne pour cette proposition, contre l’avis de leur parti qui a lui investi, avec ses alliés, plus de 30 millions de dollars (25 millions d’euros) dans une campagne pour le « non ».

« C’est un choix stratégique, note Darry Sragow, professeur en sciences politiques à l’université de Californie du Sud et consultant politique. Les candidats démocrates qui soutiennent cette “prop 6” sont en lice dans des districts républicains. S’opposer à la suppression de la taxe sur l’essence pourrait leur coûter la victoire.D’un point de vue plus idéologique, certains considèrent aussi cette taxe comme injuste puisqu’elle désavantage en premier lieu les foyers à faibles revenus. »

Aux yeux de nombreux habitants du Golden State confrontés à l’explosion du prix des loyers, l’argument écologique pèse parfois peu au regard des difficultés matérielles auxquelles ils font face en Californie : dans cet état vert et progressiste, deux habitants sur cinq vivent au-dessous ou tout juste au-dessus du seuil de pauvreté.

Noémie Taylor-Rosner

Le Mur

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