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Avec 20 121 morts du Covid-19 au 12 janvier, la Belgique a franchi un cap symbolique. Le petit royaume de 11,46 millions d’habitants se classe en deuxième position des pays où le Covid-19 tue le plus. À ce triste palmarès, établi par l’Université John Hopkins, la Belgique arrive juste après le micro-État de Saint-Marin, enclavé en territoire italien, et avant la Slovénie, l’Italie et la Bosnie. S’il fallait comparer, le taux de létalité belge aurait fait 117 000 morts en France, ou encore 146 000 en Allemagne, qui vient de passer la barre des 40 000 morts.

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Curieusement, ce seuil n’est pas perçu comme catastrophique en Belgique où l’on se répète que le comptage a été large au début de la pandémie : tous les morts en maison de repos ont été comptabilisés, même ceux pour lesquels le diagnostic de Covid-19 n’avait pas été formellement posé.

Personne ne s’attend à des sanctions

Le fait que la moitié des décès viennent des maisons de retraite ne fait pas non plus scandale, même si un rapport d’Amnesty International a évoqué le 16 novembre une violation des droits humains des personnes âgées. La situation est examinée par le Parlement, mais pas de sanctions soient en vue. L’heure est plutôt à l’optimisme, tous les indicateurs sont en baisse, en nombre de nouvelles hospitalisations (127 par jour, soit 9 % de moins que pendant la semaine du 2 janvier) comme de décès (53 par jour en moyenne du 2 au 8 janvier).

Pourtant, même s’il est trop tôt pour parler de troisième vague, les chiffres des nouvelles contaminations sont repartis à la hausse (plus de 2 000 par jour), en partie à cause de l’extension du dépistage. L’objectif officiel est de vacciner d’ici septembre 60 % à 70 % de la population. La campagne a commencé le 5 janvier dans les maisons de repos, auprès des patients comme du personnel, et s’étendra mi-février aux plus de 65 ans, ainsi qu’aux 45-65 ans ayant des comorbidités.

Le vaccin attendu par 77 % des Belges

77 % des Belges sont prêts à se faire vacciner, contre 57 % avant les fêtes, selon le dernier baromètre inter-universitaire, du 11 janvier. Les 25-50 ans sont les plus réticents : 20 % s’y opposent, contre 12 % des plus de 50 ans et 14 % des 18-25 ans. « Ce qui est rare apparaît comme plus désirable », analyse le psychologue social Vincent Yzerbyt, de l’Université catholique de Louvain. « D’un point de vue psychologique, il va donc falloir gérer l’impatience de certains et sur le plan logistique, faire un sans-faute ».

Le psychologue Olivier Luminet, envisage un effet d’entraînement : « Les gens intrinsèquement motivés vont avoir un rôle actif dans leur environnement et motiver les autres ». La discussion dépassionnée entre l’ancienne première ministre Sophie Wilmès et l’épidémiologiste Marius Gilbert, vice-recteur à l’Université libre de Bruxelles, donne un bon aperçu de l’atmosphère qui prévaut en Belgique.

L’idée reste de travailler sur la base du contrat social, non par des pratiques répressives. Chacun est renvoyé à ses responsabilités. Le relâchement dans le respect des gestes barrières à la fin de l’été expliquerait en partie la seconde vague observée à l’automne.

Le Mur

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