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Le courrier

Janvier 23

Voir article complet www.la-croix.com


Anonymat cache-misère…

Je vous livre mon point de vue sur le cas de conscience « Faut-il interdire l’anonymat sur les réseaux sociaux ? » (L’Hebdo des 16-17 janvier). Il me semble que cet anonymat est un cache-misère pour de nombreux écrivaillons, dont le pseudo gonfle démesurément les illusions. En outre, il est parfois un déversoir d’immondices qui font plus pitié qu’envie. Je ne suis ni Romain Gary ni Émile Ajar, et je ne peux prétendre à une célébrité feinte derrière la reconnaissance de pairs distingués.

Donc je me dois de critiquer sur le fond un anonymat qu’aucune plateforme ne devrait accepter ou couvrir. Quand je lis que l’université de Zürich mettait en doute l’agressivité en ligne et sa corrélation avec l’anonymat, en utilisant le rapport d’un tiers des 500 000 commentaires étudiés, c’est tellement énorme, statistiquement parlant, que je me demande comment l’on peut démentir, in fine, l’anonymat comme vecteur objectif des graves salissures que provoquent les réseaux. (…) Contraindre les plateformes pour qu’elles appliquent la loi est une mystification démagogique, quand nous sommes en face de flux quotidiens concernant des millions de correspondants internautes, et dont la régulation est statistiquement impossible, à part l’interdiction absolue et vérifiable de l’anonymat. (…) Aux grands maux les grands remèdes. Supprimons l’anonymat !

Jack Tenin

… Et injustifiable

Je n’aime pas échanger avec un interlocuteur anonyme ou inconnu. Je préfère le faire en face-à-face, les yeux dans les yeux. La seule réponse reçue sur Facebook à une prise de position a été « connard ». Cela ne présente pas un caractère de gravité extrême et je laisse à ceux qui me côtoient l’appréciation de la justesse de ce jugement. Cela ne m’a pas empêché de dormir mais m’a dissuadé de recourir à ce genre de « communication » sur les réseaux dits « sociaux ». Je dénonce fermement ce genre de rapports ridicules, péremptoires et surtout injurieux ou blessants. On sait les dégâts que ces propos haineux peuvent faire sur les personnes sous le couvert de l’anonymat ou du « pseudonymat ». Non, on ne peut le justifier au nom de la liberté d’expression, surtout quand il permet de couvrir ceux qui harcèlent, condamnent, dénigrent… Combien de victimes ont fait les lettres des « corbeaux » ? Dire que l’anonymat n’existe pas n’est pas honnête car, si les services concernés peuvent après une enquête longue et fastidieuse, retrouver l’auteur de propos indignes, il est clair que le venin a été diffusé et que la souffrance des victimes subsiste. Cela n’a rien à voir avec le travestissement des penseurs du XVIIe siècle, qui se protégeaient d’un pouvoir absolu. Il me semble urgent de mettre un terme à l’hypocrisie et à la méchanceté qui affectent surtout les personnes fragiles ou les communautés stigmatisées. Il me semble aussi important de remettre en valeur le sens des responsabilités : oser dire, apprendre à dire, savoir écouter l’autre. C’est pourquoi je signe ces quelques lignes.

Hubert Couvreur

Complotisme, l’absence d’expérience

Merci pour ce remarquable dossier consacré au complotisme (L’Hebdo des 16-17 janvier), qui décrit le phénomène et fournit les outils pour le combattre. Il me semble que, en dehors des phénomènes à l’origine du complotisme, il existe aussi une cause très profonde et universelle : notre absence d’expérience directe des sujets abordés. Aucun complotiste n’affirmera que le soleil est carré, car tout le monde peut voir qu’il est rond. En revanche, si on me parle des attentats du 11-Septembre, je ne peux parler de mon expérience de la chose, mais seulement de ce que j’en ai vu dans les médias. Et il y a tant de choses dans le monde dont je ne peux avoir aucune expérience directe ! (…) Dans ces conditions, la recherche de sources fiables ainsi que la connaissance de tous nos biais cognitifs sont effectivement fondamentaux. (…) Un dernier aspect essentiel de l’analyse rationnelle des théories est la solidité du postulat de départ. La plus grande partie des théories « fumeuses » part d’une hypothèse de départ totalement fantaisiste et invérifiable, mais tout le reste de la construction théorique est rigoureuse et logique, ce qui peut ainsi la rendre convaincante. Les adversaires des théories évolutionnistes affirment que les méthodes modernes de datation reposent sur la spéculation. Plutôt que de discuter en vain des théories créationnistes, mieux vaut dire : « Prouvez-moi que nos méthodes de datation peuvent se tromper de plusieurs centaines de millions d’années, sinon cela ne sert à rien de discuter du reste. » C’est toute la différence entre un fait établi et une opinion, chacun a le droit d’avoir les opinions qu’il veut, mais si le point de départ n’est pas un fait établi, toute argumentation devient alors inutile.

Philippe Arvis

Le Mur

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